Léopold Sédar Senghor: una poesia/preghiera sulla pace

Femme nue femme noire - leopold sedar poesia tradotta in italiano

Commento alla poesia: la poesia da un ritmo libero, motivato dal movimento dell’anima e dal soffio della vita che anima Leopold Sédar Senghor, è simile al “lirismo moderno” che si sta trasformando sempre di più verso alterità ed esteriorità. Leopold presenta l’azione dall’esterno in vari nodi, collegandoli a un luogo specifico (Africa o Francia) nelle sue poesie.

Da adesso in poi il testo avrà come fonte solo Leopold Sédar Senghor:

– Introduzione alla poesia “Preghiera di pace”

[…]

Signore Gesù, alla fine di questo libro che offro come un ciborio che soffre
al cominciare del grande anno, al sole della tua pace sui tetti innevati di Parigi
– Ma so che il sangue dei miei fratelli arrossirà di nuovo giallo orientale, sulle rive dell’Oceano Pacifico come violente tempeste e odio.
[..]

E il suo braccio destro copre il mio paese, e la sua mano sinistra fa ombra all’America.
E il suo cuore è cara ad Haiti, Haiti che ha osato proclamare l’uomo di fronte al tiranno.
[…]
Ai piedi della mia Africa crocifisso per quattrocento anni e traspirante lasciate che vi invochi, Signore, pregando per la pace e per il perdono.

Preghiera della pace (prière de la paix) – una poesia, un ivocazione di Léopold Senghor:

Seigneur Dieu, pardonne à l’Europe blanche !
Et il est vrai, Seigneur, que pendant quatre siècles de lumières elle a jeté la bave et les abois de ses molosses sur mes terres
Et les chrétiens, abjurant Ta lumière et la mansuétude de Ton cœur
Ont éclairé leurs bivouacs avec mes parchemins, torturé mes talbés, déporté mes docteurs et mes maîtres-de-science.…/…
Seigneur, pardonne à ceux qui ont fait des Askia des maquisards, de mes princes des adjudants
De mes domestiques des boys et de mes paysans des salariés, de mon peuple un peuple de prolétaires.
Car il faut bien que Tu pardonnes ceux qui ont donné la chasse à mes enfants comme à des éléphants sauvages.
Et ils les ont dressés à coups de chicotte, et ils ont fait d’eux les mains noires de ceux dont les mains étaient blanches.
Car il faut bien que Tu oublies ceux qui ont exporté dix millions de mes fils dans les maladreries de leurs navires
Qui en ont supprimé deux cents millions.
Et ils m’ont fait une vieillesse solitaire parmi la forêt de mes nuits et la savane de mes jours.
Seigneur la glace de mes yeux s’embue
Et voilà que le serpent de la haine lève la tête dans mon cœur, ce serpent que j’avais cru mort…

III
Tue-le Seigneur, car il me faut poursuivre mon chemin, et je veux prier singulièrement pour la France.
Seigneur, parmi les nations blanches, place la France à la droite du Père.
Oh ! je sais bien qu’elle aussi est l’Europe, qu’elle m’a ravi mes enfants comme un brigand du Nord des bœufs, pour engraisser ses terres à cannes et coton, car la sueur nègre est fumier.…/…
Oui Seigneur, pardonne à la France qui dit bien la voie droite et chemine par les sentiers obliques
Qui m’invite à sa table et me dit d’apporter mon pain, qui me donne de la main droite et de la main gauche enlève la moitié.
Oui Seigneur, pardonne à la France qui hait les occupants et m’impose l’occupation si gravement
Qui ouvre des voies triomphales aux héros et traite ses Sénégalais en mercenaires, faisant d’eux les dogues noirs de l’Empire
Qui est la République et livre les pays aux Grands-Concessionnaires
Et de ma Mésopotamie, de mon Congo, ils ont fait un grand cimetière sous le soleil blanc.

IV
Ah ! Seigneur, éloigne de ma mémoire la France qui n’est pas la France, ce masque de petitesse et de haine sur le visage de la France
Ce masque de petitesse et de haine pour qui je n’ai que haine — mais je peux bien haïr le Mal.
Car j’ai une grande faiblesse pour la France.
Bénis ce peuple garrotté qui par deux fois sut libérer ses mains et osa proclamer l’avènement des pauvres à la royauté
Qui fit des esclaves du jour des hommes libres égaux fraternels
Bénis ce peuple qui m’a apporté Ta Bonne Nouvelle, Seigneur, et ouvert mes paupières lourdes à la lumière de la foi.…/…
Je sais que nombre de Tes missionnaires ont béni les armes de la violence et pactisé avec l’or des banquiers
Mais il faut qu’il y ait des traîtres et des imbéciles.

V
0 bénis ce peuple. Seigneur, qui cherche son propre visage sous le masque et a peine à le reconnaître
Qui Te cherche parmi le froid, parmi la faim qui lui rongent os et entrailles
Et la fiancée pleure sa viduité, et le jeune homme voit sa jeunesse cambriolée
Et la femme lamente oh ! l’œil absent de son mari, et la mère cherche le rêve de son enfant dans les gravats.
0 bénis ce peuple qui rompt ses liens, bénis ce peuple aux abois qui fait front à la meute boulimique des puissants et des tortionnaires.
Et avec lui tous les peuples d’Europe, tous les peuples d’Asie tous les peuples d’Afrique et tous les peuples d’Amérique
Qui suent sang et souffrances. Et au milieu de ces millions de vagues, vois les têtes houleuses de mon peuple.
Et donne à leurs mains chaudes qu’elles enlacent la terre d’une ceinture de mains fraternelles
DESSOUS L’ARC-EN-CIEL DE TA PAIX.

Riporto i passi più interessanti in italiano della poesia di Léopold Sédar Senghor:

[…]

Signore iddio, perdona l’europa bianca!
Signore, perdona coloro che hanno mutato gli askia
In partigiani, i miei principi in marescialli,
La gente della mia casa in servi e i miei contadini in salariati;
Perché è bene che tu perdoni coloro che hanno dato la caccia
Ai miei ragazzi come a elefanti selvatici
Perché è bene che tu dimentichi chi ha portato via dieci milioni
Dei miei figli nei lazzaretti delle loro navi
Chi ne ha ucciso duecento milioni.
Ed essi mi hanno dato una vecchiaia solitaria tra la foresta delle mie
Notti e la savana dei miei giorni.

[…]

Benedici questo popolo
e con lui i popoli d’Europa, tutti i popoli
d’Asia, tutti i popoli d’Africa e tutti i popoli
d”America che sudano sangue e sofferenze.
E in mezzo a questa miriade di onde, vedi le teste
agitate del mio popolo.
E fa’ che le loro mani calde stringano la terra
con una cintura di mani fraterne
sotto l’arcobaleno della tua pace.

[…]

Chants d'ombre libro analisi opera poesie di Leopold Sedar tradotte

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